MalikaSorel: Elements de réflexion
25/06/2016 17:26
Publié le 17/06/2016 à 17h40
INTERVIEW - Après le meurtre revendiqué par l’Etat Islamique d'un couple de policiers dans leur maison de Magnanville, Malika Sorel remonte aux sources de la décomposition française. Nos hommes politiques ont méprisé l'Histoire, explique-t-elle, mais celle-ci s'est invitée à leur table...
Son dernier livre : « Décomposition française. Comment en est-on arrivé là ? », vient de se voir décerner le prix littéraire Honneur et Patrie de la Société des membres de la Légion d'honneur. «Honneur» et «patrie», deux mots qui résument parfaitement le parcours de Malika Sorel. Au Haut Conseil de l'intégration comme à travers ces livres, cette patriote incandescente continue de se battre pour empêcher que la France ne se défasse.
- sur la stratégie de l’antiracisme
Après ses échecs économiques, Mitterrand a utilisé la grosse ficelle du racisme pour draguer les voix musulmanes des banlieues et diviser la France. Il a créé et financé des associations qui ont été chargées d’instruire, depuis le début des années 80, un procès à charge contre les Français, accusés d'être des racistes prompts à discriminer les personnes d'origine étrangère. Et il a placé ses militants aux manettes des médias du service public, pour relayer et entretenir ces accusations permanentes de racisme.
Ce long procès a semé les graines d'un ressentiment dont notre société n'a pas fini de payer le prix.
- sur l’école
Il convient également d'évoquer l'évolution des programmes scolaires, dont une des conséquences est d'avoir porté atteinte à la transmission d'un héritage culturel partie intégrante de l'identité des Français.
Citons la diminution au fil du temps des heures allouées à l'enseignement de la langue française, ou encore la modification d'un certain nombre d'enseignements au prétexte d'adapter notre société à l'évolution du monde.
C'est ainsi que nos élèves peuvent se retrouver soumis au feu d'un intense matraquage idéologique dans des domaines tels que l'histoire, la mondialisation et les migrations internationales, l'esclavage et la colonisation présentés le plus souvent comme du fait des seuls Occidentaux - le reste étant plutôt occulté -, le développement durable.
Durable, le mot magique! Tout doit devenir durable, sauf la patrie qui est sommée de s'effacer. Cela concourt à ce que les jeunes générations se construisent une image dépréciée de la France.
- sur la responsabilité du peuple
C'est au politique qu'incombe la mission de veiller sur le maintien de la cohésion nationale, en un mot sur la paix civile. Même si les individus de notre époque pensent, pour beaucoup, tout savoir - c'est l'une des conséquences de l'égalitarisme -, ils ne détiennent pas toutes les informations utiles à la décision et à l'anticipation.
Les politiques et la haute administration, ont trop souvent privilégié la politique de l'autruche, tout en vendant des chimères. Ils ont balayé les très rares qui leur tenaient un langage de vérité et de responsabilité.
Le système politique et médiatique est verrouillé de l'intérieur par les personnels en place qui cooptent leurs clones.
Quant aux citoyens, ils rechignent à regarder la réalité en face. Ils évitent tout et tous ceux, qui pourrait gâcher leurs menus plaisirs. Aussi, tant qu'ils ne sont pas touchés dans leur propre vie, ils préfèrent verser dans le relativisme, voire le déni.
Dans nos sociétés devenues individualistes, l'individu tend à primer sur la communauté des citoyens, chacun oubliant que les idéaux dont il tire profit ne peuvent perdurer sans l'engagement quotidien de tous à les porter et à les protéger.
Chassez le réel, il revient au galop.
Le continent européen, dans son ensemble, n'a pas connu de trouble majeur depuis la dernière guerre mondiale. C'est pourquoi les citoyens se sont assoupis. Ils ont fini par croire que la paix allait de soi. A présent qu'ils la sentent menacée partout en Europe, ils resserrent les rangs.
- sur la souffrance de la France périphérique
«Contrairement à ce qui a été répandu en France, les premières cibles n'ont pas été les musulmans : ce sont des non-musulmans et des juifs.»
. Il n'est qu'à lire des ouvrages tels que Les Territoires perdus de la République (2002), d'Emmanuel Brenner, ou encore Banlieue de la République (2012), de Gilles Kepel, pour comprendre pourquoi certains quartiers ont été désertés.
Dans ce dernier, on lit par exemple le témoignage de Murielle, ancienne militante communiste: «On ne se sent même plus chez nous. On se sent très gênés […] C'est grave.». Nul n'évoque jamais la souffrance de tous ceux qui se sont résignés à quitter des lieux dans lesquels ils avaient passé une partie de leur vie.
De même, la souffrance est vive chez ceux de l'immigration extra-européenne qui ont rejoint l'Europe pour ce qu'elle était, une terre de liberté, et qui sentent à présent cette liberté se dérober sous leurs pieds.
Plus l'Etat se révèle faible et montre son impuissance, plus les personnes issues de l'immigration extra-européenne se trouvent dans l'obligation de sacrifier la République face à leur groupe d'origine, dont les pressions vont croissant avec la poursuite de l'immigration.
Ces personnes n'ont guère d'autre choix.
- sur la souffrance de la France périphérique
Les flux migratoires, par leur importance, ont créé les conditions de la formation de répliques des sociétés d'origine sur les terres d'accueil.
C'est un phénomène tout à fait naturel et spontané, vrai pour toutes les diasporas, sans arrière-pensée de nuire. Il n'en demeure pas moins que les frictions naissent sitôt que les fondamentaux culturels, qui se traduisent au quotidien en codes de savoir-être et de vivre-ensemble, rencontrent des points d'incompatibilité.
On sait que la laïcité est totalement étrangère à l’islam, ; comme lui est étrangére l’égalité hommes-femmes. L’islam n’a que faire de notre laicité et de nos valeurs. L’islam a les siennes qu’il impose partout où il devient majoritaire
Respecter les règles de la démocratie exige un lourd apprentissage. Il est préoccupant de voir à quel point cette donnée a été négligée par les élites des terres d'accueil.
C'est pourquoi, aussi bien la décision d'Angela Merkel d'accueillir massivement des réfugiés en provenance de terres qui n'ont pas vécu les mêmes pages d'histoire culturelle et politique, et ne possèdent pas de ce fait les codes du vivre-ensemble des sociétés européennes, que les prises de position récurrentes du pape François, qui ne cesse de venir fustiger un prétendu égoïsme des Européens et de les exhorter à accueillir davantage de migrants, sont profondément choquantes.
Elles témoignent d'un piètre niveau de sensibilité à ce qui advient . Si l'erreur est humaine, persévérer est diabolique.
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