Article d'un auteur inconnu

24/03/2014 14:27

Cette gauche de Tartuffes

La comédie de l'indignation : « Insupportable » (François Hollande), « grave faute morale » (Jean-Marc Ayrault »), « irresponsable » (Claude Bartolone), « attaque inouïe contre les institutions de la République » (Harlem Désir), « mise en cause des fondements mêmes des institutions judiciaires françaises » (Michel Sapin)…

 Piquée au vif ou plutôt mimant une indignation parfaitement factice, la camarilla des camarades qui nous gouvernent, ou font semblant de nous gouverner, a déclenché un tir d’artillerie lourde en réponse au missile unique lancé par Nicolas Sarkozy

Quant à la magistrature, dont l’impartialité et l’apolitisme avaient été révoqués en doute par l’ancien président de la République , elle se drape noblement dans sa dignité offusquée et sa toge offensée.

Quant à la presse amie du pouvoir, plutôt que de dénoncer sinon le principe au moins l’évident abus constaté dans la pratique du système des écoutes judiciaires …… que fait-elle ? …. Au lieu de souligner le détournement de procédure, la violation du secret de l'instruction et l'atteinte à la vie privée….elle  se réduit à dénoncer la violence de sa victime et n'insiste que sur le mot 'Stasi'', évitant d'évoquer l'acharnement des chiens lancés à ses trousses et la disproportion des moyens mobilisés pour des faits jamais vérifiés..

Le traitement de cette affaire mérite de rester dans les annales de la gauche morale et schizophrène ou, pour le dire plus simplement, de l’hypocrisie inhérente à l’exercice du pouvoir de gauche façon Mitterrand.

- Que n’aurait pas dit, et avec raison, notre belle gauche si un gouvernement de droite, sous prétexte de savoir s’il n’avait pas renouvelé sa carte d’adhérent à une organisation trotskiste, avait placé Lionel Jospin sous surveillance renforcée ?

- Que n’aurait pas dit, et à juste titre, un journal comme Le Canard enchaîné si, pure supposition, un ministre de l’Intérieur de droite avait installé des micros dans ses locaux ?

- Que n’auraient pas dit, à bon escient, les intellectuels de service et les syndicats de la magistrature, si, en violation du secret de l’instruction et du respect le plus élémentaire de la vie privée, les conversations intimes et les libres propos de simples citoyens avaient été étalés sur la place publique, petit tas de secrets qui relevaient de tout sauf du secret d’Etat ?

 

Pourquoi les magistrats ne diligentent pas une enquête pour savoir QUI a transmis des compte-rendus d'enquête à certains journalistes proches du pouvoir, en violation du secret de l'instruction.?

Mais pourquoi rester sur le mode interrogatif et dans le registre de la supposition ?

Pourquoi la pressse ne s'interroge pas sur la violation du secret d'instruction et sur l'opportunité de l'étalage de  la vie privée dans une certaine presse comme Le Monde et Médiapart.

Tout le monde se souvient des hurlements de ce même Edwy Plennel, alors journaliste au Monde, lorsqu'il a appris qu'il était mis sur écoutes par la cellule de l'Elysée, à l'époque de Mitterrand. On a vu Plennel se répandre dans tout Paris pour pleurer sur son sort et dénoncer cette atteinte à sa vie privée.

Et maintenant que Plennel développe son business de Médiapart, c'est lui qui met en ligne l'étalage de la vie privée de Sarkozy !!

Suivant que vous êtes classé à gauche ou non, suivant que vous faites partie du bon clan ou non…. l'indignation n'est pas la même.

Le hasard de l’actualité a fait coïncider la divulgation des écoutes effectuées pendant au moins six mois sur les téléphones de Nicolas Sarkozy avec de nouveaux développements de l’enquête internationale lancée par les révélations d’Edgar Snowden.

Ainsi a -t-on pu voir dans Le Monde ou dans Libération voisiner deux dossiers :

- le premier où l’on stigmatisait comme il se doit le système planétaire d’espionnage mis en place par la NSA et la CIA avec la complicité des grands opérateurs de télécommunication et des réseaux sociaux

- et l'autre dossier sur Sarko  où l’on s’efforçait de justifier laborieusement le mouchardage dont un ancien chef de l’Etat a été l’objet et dont on ne connaît peut-être pas encore la durée, l’ampleur et les conséquences.

 

On s’en voudrait de ne pas décerner pour finir la palme de la mauvaise foi et de la tartufferie à Benoît Hamon, auteur de cette incroyable formule qui mérite de rester attachée à son nom : « Quand on n’a rien à se reprocher, il n’y a aucun problème à être mis sur écoute. ».

 Fouché n’aurait pas dit mieux.  Fouché… ou la Stasi ?

 

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